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Fombrun AKA Don Lopez  


 


La misère haïtienne, un produit qui se vend bien


Nul ne peut contester le support fourni par certaines organisations étrangères dans le cadre de la lutte menée contre la misère et pour l'amélioration des conditions de vie particulièrement des enfants, en Haiti.

Sans leur précieuse aide,  sait-on jamais  combien d'enfants crèveraient de faim, de manque de soins de santé ou seraient privés d'éducation, dans un pays où l'Etat désinvolte est peu enclin  à assumer ses responsablités.

Il y a malheureusement des organisations, et elles sont nombreuses, qui  utilisent la misère de nos enfants, de nos femmes et de nos vieillards des quartiers deshérités à des fins commerciales.

Elles sont 20, 30, 40 ONG dans une seule ville avec la prétention de faire la même chose, sans aucune coordination entre les unes et les autres, en dehors de tout contrôle de l'Etat.
 
Les organisations non-gouvernementale
sont d'ailleurs plus de 3000 dans le pays, alors que seules 400 à 450 sont légales.

En tout cas, toutes jurent qu'elles sont là pour nous sauver, car c'est par elles que transitent  la majeure partie de l'aide internationale accordée officiellement à Haiti, y compris l'aide à l'agriculture.

Malheureusement, on déplore que les fonds "gérés"soient dépensés en salaires et retournent donc à leur source. Pas de surprise que les résultats sur le terrain soit zéro barré.

Il y a aussi de ces organisations dont les membres font le tour de nos taudis  et des quartiers déshérités pour prendre les photos les plus dégradantes, les plus révoltantes. Car plus les photos inspirent la pitié, plus elles présentent des scènes répugnantes, plus elles ont la chance de faire recette.

En effet, c'est à l'aide de ces photos souvent publiées par la suite dans des revues, que certaines ONG arrivent à convaincre des organisations philantropiques de l'étranger de l'urgence de faire quelque chose  pour sauver des vies. Que leur importe, si elles présentent toute  Haïti  comme un vaste bidonville où  tous et toutes vivent dans la boue et la crasse.

Les quémandeurs vont certes obtenir des sommes dont à peine un centième  sera peut-être utilisé effectivement à des fins humanitaires en Haïti, mais le tort qui est fait au pays, sera irréparable, car  qu'est-ce qu'un touriste viendra chercher dans un pays présenté comme un énorme marécage, où porcs et enfants s'entrecroisent où bêtes et humains se désaltèrent dans la même eau.

L'Unicef, (organisation des nations-Unis pour l'enfance) est une agence respectable de l'ONU. Et personne ne peut prétendre ignorer les nombreux efforts déployés dans le plus grand respect par sa branche locale en faveur du bien-être des enfants haïtiens.

Malheureusement, on n'arrive pas à comprendre qu'elle en soit arrivée à utiliser une image, une photo tout à fait inacceptable pour chercher, on ne sait quoi, à provoquer peut-être l'émotion sur les mauvaises conditions de vie des enfants haïtiens.

Il s'agit d'une photo présentée comme la meilleure de l'année 2008 prise en Haïti  pour l'UNICEF par la photographe belge Alice Smeets et qui a primé sur 1449 autres clichés dans le cadre d'un concours international de photos  réalisé par le Fonds des nations-nies pour l'enfance.

On y voit une petite fille de blanc vêtue, au milieu  d'une mare de boue remplie de fatras et de déchets de toutes sortes, tout juste devant deux porcs en train de dévorer des détritus, avec en arrière-plan  des taudis de la zone photographiée. Voilà la meilleure photo 2008 d'Haïti, selon l'UNICEF, photo qui fait le tour du monde.

Il est vrai que notre pays regorge de fatras, il est vrai qu'il n'y a aucune politique claire de curage, de nettoyage et de ramasage d'ordures. il est vrai que nos dirigeants d'hier et d'aujourd'hui ainsi que des secteurs nantis n'éprouvent aucune gêne à voir des haïtiens vivre dans un tel environnement, il est vrai aussi que des haïtiens sont en grande partie responsable de la mauvaise publicité faite autour d'haïti, nous ne pouvons quand même pas accepter que cette photo de l'UNICEF soit la meilleure vue d'Haïti pour l'année écoulée. Elle ne nous rend pas service. Elle ne nous fait que du mal.

Il faut rappeler que ce n'est pas la première fois que pareil impair est commis.... Il y a 9 ans lors du passage à l'an 2000, une consultante de la Mission Civile OEA/ONU (MICIVIH) n'avait pas trouvé meilleure meilleure image pour illustrer la vie en Haïti au passage d'un siècle à un autre, qu'une vidéo montrant des gens pataugeant dans la boue dans le quartier déshérité de Jalousie à Port-au-Prince.

Nous ne croyons pas que c'était dans l'intention de l'UNICEF de contribuer à ternir l'image d'Haïti en publiant la photo qui provoque la réprobation, mais le mal est fait. Il mérite réparation, à la fois pour  la petite fille dont les droits ont eté violés et aussi pour le pays, un pays  qui mérite un autre type de promotion, même si les autorités ne semblent ni dérangées ni concernées.

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Chronique impressionniste d’un journaliste québécois à Port-au-Prince

LA PRESSE (Montréal)

Le samedi 01 mars 2008

Patrick Lagacé

La Presse

Patrick Lagacé revient d'un séjour de six jours en Haïti. Trop court pour en faire un expert, mais assez long pour constater que ce pays, l'un des plus pauvres au monde, est un «tragique milk-shake de cercles vicieux.» Il nous livre ici la première de trois chroniques, faites de surprises, bonnes et mauvaises.

Ce n'est pas la pauvreté qui m'a frappé, à Port-au-Prince. La pauvreté, je m'y attendais. La pauvreté est à Haïti ce que le Cirque du Soleil est à Las Vegas. Non, ce qui m'a d'abord frappé, c'est la richesse.

Je m'attendais aux pauvres, aux mendiants, au délabrement général.

Mais pas à voir une Porsche Cayenne, un bazou de 100 000$.

Ni tant de Mercedes et de BMW, dois-je ajouter.

Il y a des riches en Haïti. Il faut dire que pour être riche, il ne faut pas trop, trop de fric, dans ce pays. Mais disons que les riches ne se gênent pas pour montrer qu'ils vivent bien. Dans un des pays les plus pauvres au monde, le plus pauvre des Amériques, ça décoiffe...

Je suis naïf, au fond. Y a des riches partout...

L'autre truc qui frappe, c'est le bruit. Port-au-Prince caquète, s'engueule, chante, crie. Et klaxonne, surtout. Les automobilistes (des kamikazes du volant) klaxonnent pour se frayer un chemin, pour annoncer qu'ils ne ralentissent pas au carrefour, pour remercier ceux qui cèdent la voie. Klaxonner, c'est une obligation prescrite par la Constitution, je crois.

Rayon bruit, il y a aussi les ronronnements. Mais non, pas celui des chats. Celui des génératrices. Pas de génératrice, pas d'électricité. Fuck Kyoto. Port-au-Prince n'est pas une ville verte, mettons. Si Jean Lemire y fait escale, il va s'ouvrir les veines, je le crains...

J'ai passé six jours à Port-au-Prince, la semaine passée, en reportage pour Les Francs-Tireurs. J'en ramène trois carnets de voyage pour La Presse, trois chroniques d'un gars qui voyage pour la première fois dans le tiers-monde. Tiens, quelques flashs...

 

LA SURVIE Les Port-au-Princiens sont des experts de la survie. Le job de tout le monde, c'est de survivre. Je parle de la moyenne des ours, bien sûr. Vendre une vieille paire de jeans (ou des cartes de cellulaires, ou de vieilles bouteilles de Coke remplies de jus, ou de la gomme) et, avec les 75 gourdes qu'ils en tireront, s'acheter à bouffer: 80% des neuf millions d'Haïtiens vivent avec moins de 2$US par jour. Pour le reste, il y a deux milliards que la diaspora injecte dans le pays.

LA DIGNITÉ Ça, c'est le plus stupéfiant. La dignité, étincelante: ils sont propres. Encore là, je parle de la moyenne des ours. Ils sont pauvres, mais leurs vêtements sont propres, propres, propres. On ne lésine pas sur l'eau de Javel. Chemise pressée, impeccablement coincée dans le pantalon. Comment ils font? Je ne sais pas.

LA BEAUTÉ C'est fou comme les Port-au-Princiennes sont belles. Nous étions cinq gars dans l'équipe et nous avions le souffle coupé à chaque coin de rue. Elles sont d'une coquetterie émouvante: coiffées, maquillées, robes colorées, manucurées. Pas surprenant qu'il y ait de minuscules salons de beauté partout. La pauvreté, même abjecte, n'est pas un obstacle à la séduction.

L'ÉQUILIBRE Les gens transportent toutes sortes de trucs sur leur tête. Des boîtes remplies de bouteilles de jus. Des sacs remplis de petites poches d'eau. Le plus surréaliste? Une vieille dame déambulait avec un gros panier, sur la tête. Dans le panier, des poules. Vivantes!

L'ONU La présence des représentants de l'ONU ne passe pas inaperçue. D'abord, il y a leurs 4X4 blancs, marqués de deux lettres noires: UN. Ils roulent en fou, comme tout le monde. Puis, il y a les jeeps et les véhicules blindés dans lesquels on voit des Casques bleus en armes. Ils appuient la flicaille haïtienne. Un facteur qui explique la baisse du banditisme qui a secoué le pays ces dernières années, dit-on.

L'ONU CHEAP Sous l'éclat d'un lampadaire, discussion avec trois prostituées. Elles ont 19 ans, «19 ans US», c'est-à-dire que c'est probablement 17. Même complainte que toutes les filles de joie du monde: métier difficile, je ferais quelque chose d'autre si je pouvais, tu ne sais jamais sur qui tu vas tomber. Avez-vous des clients parmi la tribu onusienne qui campe en ville, mesdemoiselles? Oui, disent-elles. «Ils ne veulent pas payer. Ils veulent nous échanger un souper contre une baise», fait l'une d'elle.

LE CHAOS Disons-le comme ça sort: rien ne marche à Port-au-Prince. L'État n'existe pour ainsi dire pas dans la vie quotidienne. Pas d'eau courante (il y a de l'eau roulante, de l'eau purifiée livrée par camion). Il y a de l'électricité, quelques heures par jour (la génératrice prend le relais). Il y a plus de flicaille que de flics. Pas de cadastre! On se bâtit où on peut, où on veut. À peu près pas de collecte de vidanges (on les brûle).

 

Six jours à Port-au-Prince, donc. Je sais que les Haïtiens de Montréal vont me dire que je n'y connais rien. Ils me l'ont dit, sur mon blogue, quand j'y écrivais des cartes postales, la semaine passée. Je ne suis pas un expert d'Haïti, comme je vous dis, je vous ponds présentement un carnet de voyage, sans plus.

Il y a un truc qui frappe, lentement, à force de se frotter à Haïti. Un truc encore plus désespérant que la pauvreté, que le dénuement.

Ce pays est cassé.

Et je ne sais pas trop si ça se répare, un pays.

Enfin, oui. Ça se répare. On a réparé l'Allemagne, le Japon. La Chine se répare assez bien, merci. Mais un pays comme Haïti? Un pays où rien ne marche? Où il n'y a rien?

Il y a trop de cercles vicieux, au fond, ici. Tiens, juste un: il faut éduquer les Haïtiens. Tout le monde le sait: pour qu'un pays avance, le peuple doit pouvoir apprendre.

Mais pour créer un système d'éducation, il faut une fonction publique compétente qui crée, entre autres, un système scolaire efficace.

Mais comment avoir une fonction publique compétente quand tes écoles tombent en ruine, quand les citoyens n'ont pas les moyens d'y aller bien, bien longtemps?

Vous voyez?

Je reviens d'Haïti. Je n'y suis pas resté bien longtemps. Juste assez pour voir que ce pays, c'est pas un pays, c'est un milk-shake de cercles vicieux. Un tragique milk-shake de cercles vicieux.



 

Une bourgeoisie déracinée !
Par Jean Erich René, Feb. 20, 2008 | Source: e-mail

Il est définitivement admis que le développement économique est l’œuvre d’une élite. Qu’il s’agisse du Canada et des USA c’est l’élite coloniale qui a enclenché le développement économique. L’Angleterre a connu le développement grâce à une élite aristocratique. La révolution bourgeoise a libéré la France. Dans les pays socialistes la responsabilité incombe à
l’élite intellectuelle. En Haïti, la volonté d’aboutir au développement économique ne se manifeste pas encore. L’indifférence et le laxisme de la bourgeoisie haïtienne constituent des handicaps majeurs à notre croissance économique. Nous avons la grande surprise de constater en sondant notre histoire de peuple que la bourgeoisie haïtienne n’est ni nationale ni nationaliste. Cette remarque n’est pas anodine. Elle explique les principaux facteurs du rabougrissement de l’économie haïtienne. Oyez !

La société haïtienne est issue de la guerre d’indépendance menée vaillamment par les esclaves et les affranchis. D’un côté on retrouve les mulâtres et les grands propriétaires terriens qui monopolisent toutes les richesses du pays et qui constituent la trame de la bourgeoisie haïtienne. De l’autre côté, les masses noires qui représentent les 4/5 de la
population ont la portion congrue. Au fil des ans le profil de la société haïtienne s’est modelé avec l’arrivée des immigrants d’origine libanaise, syrienne, allemande, italienne etc..Ils arrivent toujours avec les mains vides trainant leurs étals de galerie en galerie. En un temps record ils maitrisent le secteur commercial et industriel et s’intègrent rapidement dans la classe bourgeoise traditionnelle sans aucun lien avec le monde rural. D’ailleurs leurs noms indiquent clairement leurs origines étrangères et leurs comportements trahissent toute volonté d’aboutir à un développement
économique national. Ils se contentent des profits réalisés sur la vente de leurs marchandises dont le prix de vente dépasse 2 ou 3 fois le prix CIF. Ainsi nous pouvons saisir tout le secret de leurs réussites faciles.

Comme industriel ils se contentent de se lancer dans la sous-traitance. Ils prennent des contrats ou des sous-contrats des multinationales. Ils font crever nos ouvriers pour un salaire tuberculeux qui est 4 à 5 fois inférieur au salaire prévu dans le compte d’exploitation. Le cri de détresse récemment de l’ambassadeur James Foley qui réclame 20 dollars par jour au lieu de 4 pour nos ouvriers est vraiment édifiant. Les industriels haïtiens ne mettent pas à profit nos dotations en facteurs de production afin d’assurer la croissance économique du pays par le biais de la production nationale. Ils se contentent seulement de leurs marges bénéficiaires tirés surtout de l’exploitation éhontée de nos forces de travail. L’État haïtien n’a pas arrêté les mesures nécessaires pour protéger nos ouvriers livrés à eux-mêmes. S’il n’y a pas de
distributions de salaires capables d’assumer la consommation avec des retombées positives sur la demande globale, l’économie nationale nécessairement en pâtit.

Le mal serait moindre si les membres de cette bourgeoisie auraient pensé à épargner pour financer l’investissement du développement économique national. La croissance économique d’Haïti n’est pas inscrite dans leur agenda. Ils transfèrent leurs profits réalisés sur le marché haïtien vers leurs pays d’origine ou dans les banques étrangères privant ainsi le pays du Capital nécessaire à son développement économique. Il ne serait pas étonnant de vous apprendre que nos sous financent les conflits israélo-palestiniens. Il n’existe aucun contrôle sérieux de transfert de fonds en Haïti. Les fluctuations du marché monétaire haïtien sont soumises aux caprices de l’offre et de la demande des commerçants et des industriels haïtiens selon les besoins de leurs négoces. Ils maitrisent très bien les avenues de la politique haïtienne. Ils savent comment dociliser le pouvoir politique et l’orienter dans le sens de leurs intérêts. La méthodologie employée depuis deux siècles et qui leur a valu leurs richesses est simple. Ils accordent gratuitement des actions aux autorités en place tout en leur versant régulièrement leurs dividendes. C’est ainsi qu’un Général tout puissant était devenu le copropriétaire d’un ciné de la Capitale. A sa mort son fils a essuyé la lamentable déception de se faire éconduire en réclamant l’héritage de son père. A chaque nouveau gouvernement, les nouvelles autorités reçoivent leurs nouvelles parts sociales. Ainsi s’en va la république,

L’appât pour attirer les autorités politiques dans leur camp est aussi sexuel. Connaissant l’appétit des soi-disant noiristes pour les mulâtresses, on leur délègue de façon intelligente une grimelle même de qualité inférieure. Presque tous nos chefs d’État ont mordu à l’hameçon. Il n’est pas étonnant de rencontrer au Palais la fille d’un grand industriel comme la secrétaire du Président. Tandis que dans les rues le peuple toujours naïf réclame la tête de ce même industriel qu’il dénonce comme un exploiteur. La plupart de nos révolutionnaires aussi bien que leurs progénitures éprouvent une légitime fierté à se frotter à cette bourgeoisie qui en profite de son côté pour augmenter son capital. Comme l’orchestre
du Palais national elle salue avec le même enchantement tous les gouvernements sans jamais prendre part visiblement à aucun d’entre eux. Les 184 noms de familles qui ont bénéficié des largesses de Magloire, Duvalier pères et fils ont cheminé lavalassement. Maintenant ils se placent en première loge à côté de Cotubanama pour canaliser les 1,85 milliards de l'aide.

Nous n’aurions aucun grief contre cette bourgeoisie locale non nationale si elle manifestait des velléités nationalistes. Non seulement elle n’a aucune racine nationale, elle refuse de s’intégrer dans le milieu. Elle pratique l’endogamie. Leurs mariages se font à l'intérieur du même groupe social. Leurs richesses restent dans un cercle très restreint. 184 familles
étrangères maitrisent hermétiquement l’économie nationale. Elles n’éprouvent aucun besoin en dehors de la capitale et spécifiquement dans le périmètre de Pétion Ville, de Laboule , Pèlerin etc... Leur plus long déplacement s’arrête à l’aéroport pour prendre l’avion et s’envoler vers leurs pays d’origine. Quel est leur apport réel au développement du pays
après deux cents ans ? Sans vouloir tirer la sonnette d’alarme réfléchissons ensemble sur les initiatives louables qu’ils auraient pu entreprendre pour contribuer au développement économique de la nation de 1804 à nos jours.

Combien d’écoles ont il construit pour augmenter nos possibilités techniques? Zéro

Combien d’hôpitaux ont-ils bâti pour soulager les maux de leurs ouvriers et des consommateurs sur le dos desquels ils ont amassé toutes leurs richesses? Zéro

Combien de maisons ont-il construit pour lancer l’industrie de la construction et faire baisser le coup du loyer? Zéro.

Combien de Centres de Recherche ont-ils financé ? Zéro

Sont-ils touchés par les conditions de vie dans les habitats des bidonvilles? Quelles sont les actions entreprises pour améliorer leur sort? Zéro

Combien de banques de crédit ont-ils construit pour encourager la production agricole, la base de l’économie haïtienne? Zéro

Combien de Cités universitaires et de bibliothèques ont-ils dressé pour empêcher à la jeunesse haïtienne de traverser la frontière afin de s’instruire à St Domingue? Zéro

Dans tous les pays du monde de telles entreprises demeurent l’œuvre des nantis économiques. En Europe et en Amérique du nord et même en République dominicaine la bourgeoisie arrive à vaincre le féodalisme. En Haïti cette bourgeoisie qui n’est ni nationale ni nationaliste à toutes les périodes de notre histoire s’apprêtent toujours à exploiter la masse sans rien lui offrir en retour. Ce sont les 184 noms de famille qui ont les mêmes magasins dans les mêmes positions. Ils pratiquent toujours la même politique en vendant les mêmes articles. Ils se succèdent de père en fils dans le même système de corruption, de trahison et de coups bas. Ils refusent de payer les impôts et s’associent aux publicains pour contourner
le fisc. L'État haïtien se trouve souvent en difficulté pour faire face à ses obligations par rapport au corps social. Avec quoi bâtir le budget et réduire les inégalités sociales. Ils préfèrent financer les coups d’état au lieu de répondre à leurs redevances fiscales.

Pendant deux cents ans 184 Familles étrangères maintiennent l’économie nationale en otage. A maintes reprises pour maintenir le statu quo et contrarier tout nouveau contrat social qui pose comme préalable indispensable le changement économique, ils préfèrent l’occupation du pays. A ce compte lisons les témoignages de Suzy Castor in “ Occupation
américaine d’Haïti” p.77 “Cependant, les commerçants arabes et italiens installés dans le pays à la fin du siècle passé considérés par les américains comme des Haïtiens, appuyèrent l’occupation de façon active et effective. Ses membres souvent naturalisés américains jouissaient de tous les privilèges des conquérants. Les noms des Kouri, Sada, Loukas, Boulos, Bigio etc... se retrouvent dans plusieurs rapports officiels qui prouvent bien l’appui de ce secteur commercial à l’intervention” Suzy Castor, dixit.

On peut aisément compléter la liste des 184 familles étrangères qui maitrisent l’économie nationale en lisant les enseignes des magasins de la Grand-rue et du bord de mer de Port-au-Prince. Une telle bourgeoisie n’a aucune racine et méprise royalement le développement économique national. Elle ne compte aucun cousin , aucune cousine dans nos communautés rurales comment se serait-elle donc intéressée à l’équipement de nos collectivités territoriales et aux infrastructures routières nationales. Nos registres d'état civil ne mentionnent pas leurs noms. Cette bourgeoisie déracinée n’a
que faire des masses de l’arrière pays et bloque le développement économique national par leur mainmise deux fois séculaire sur nos ressources financières

Il existe une étroite corrélation entre la pensée qui est culturelle et l’action orientée vers le développement économique. Même avec des centaines de milliards de dollars le développement économique d’Haïti est impossible puisque la volonté génératrice de projets d’avancement économique et social n’est pas au rendez-vous. La culture préside à la
réalisation de tout projet dont le fondement est avant tout historique.

L’enracinement des acteurs qui partagent un destin commun les porte à développer un sentiment d’appartenance à une communauté. La fibre patriotique qui fait vibrer le cœur de tout Haïtien natif-natal a comme source de référence l’identité collective. L’élaboration et l’avancement d’un programme de développement économique pour Haïti exigent un minimum de cohérence de la pensée. La discontinuité caractéristique de tous les projets de développement entrepris en Haïti s’explique par le hiatus observé entre la pensée, le projet et l’identité culturelle des acteurs. Le développement économique a une fondation historique. Poser l’équation du développement économique d’Haïti sans soulever le voile sur cette bourgeoisie déracinée serait une preuve d’infantilisme intellectuel.

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No amount of aid can solve Haiti's problems

In Washington this week, international donors pledged a little over $1 billion to the rebuilding of Haiti over the next two years. But Haiti's people, two-thirds of whom struggle to live on less than $1 a day, have little reason to believe that this will do any more good than the $2.6 billion donated after the last intervention in Haiti a decade ago.

The world has never shown much appetite for tackling Haiti's fundamental problems: stunted political and economic development. Other nations act only when crises threaten to unleash waves of unwanted refugees. Then they typically content themselves with writing checks and changing a few faces at the top. This time, Washington, which encouraged the violent overthrow of President Jean-Bertrand Aristide in February, has a special responsibility to see through a far-reaching rebuilding effort.

In its 200 years of independence, Haiti has been one of the Western Hemisphere's worst-governed countries, and one of its least-governed. A parade of dictatorial presidents has enforced one-man rule through private armies of thugs. National institutions like the legislature, the courts and the military have been corrupted, co-opted or neutered.

Honest, independent, locally run institutions must be built from the ground up. Politically uncompromised judges should be trained to try the political prisoners, both pro- and anti-Aristide, now sitting in Haiti's jails. The drug smugglers who have corrupted politicians and police officers must be put out of business. Professional, uncorrupted police forces have to be established, both locally and nationally. Clean water must be made accessible to the roughly one-half of the population that now lacks it, and education brought to the illiterate majority. Deforested slopes, prone to catastrophic flooding, have to be replanted and better roads built so farmers and small businesses can get goods to market.

No amount of aid can solve Haiti's problems unless the appointed interim government of technocrats, led by Prime Minister Gérard Latortue, does its part competently and fairly, seeing to it that the impoverished slum dwellers who followed Mr. Aristide are not again ignored. Until the latest rebuilding effort demonstrates a will to take on these challenges, Haiti's poor are entitled to remain skeptic